La qualité de l’emploi dans l’UE s’est améliorée
La Commission européenne a publié, le 13 octobre, son rapport 2026 portant sur les perspectives dans les domaines du social et de l’emploi. Les chiffres révèlent que le marché du travail a continué de faire preuve de résilience ; le taux d’emploi a ainsi atteint 76.1%, rapprochant l’UE de son objectif de 78% d’ici 2030 ; et le chômage est resté table (6%). En outre, les salaires réels ont retrouvé leur niveau de 2019, dans la quasi-totalité des Etats membres. Les chiffres sur la pauvreté et l’exclusion sociale ont aussi montré une légère progression - 3.5 millions de personnes de moins qu’en 2019 – une amélioration néanmoins bien insuffisante pour atteindre l’objectif 2030 de 15 millions de personnes. Pour les années à venir, la Commission prévoit toutefois un ralentissement de la croissance et de la création d’emplois, en raison du choc énergétique lié au conflit au Moyen-Orient (-440 000 emplois de moins en 2026).
Le rapport se consacre à la qualité de l’année, en vue de l’adoption d’une initiative en la matière, en fin d’année. Décrit comme étant le « pilier clef du modèle social européen », elle aurait des effets bénéfiques sur la productivité, mais aussi la demande d’emploi et la consommation. Au cours de la dernière décennie, la qualité de l’emploi aurait ainsi progressé dans toutes ses dimensions (revenus, sécurité de l’emploi et temps de travail).
La qualité de l’emploi n’est pas homogène ; elle varie selon les catégories d’individus. Ainsi, les femmes, les jeunes et les personnes moins éduquées ont plus de chance de connaitre des mauvaises conditions d’emploi. L’organisation du travail et le secteur d’activité affectent également la qualité de l’emploi. Par exemple, le recours à l’externalisation et à la sous-traitance est associé à des emplois de moins bonne qualité.
La Commission relève que les défauts dans la qualité de l’emploi contribuent aux pénuries de main d’œuvre, dans les secteurs pourtant essentiels (comme les aides à domicile ou le secteur agricole). Par ailleurs, si le management algorithmique peut, dans une certaine mesure, améliorer l’efficacité au travail, il est possible qu’il entraine une aggravation du stress, de l’intensité et une détérioration de l’autonomie des travailleurs.
Malgré l’amélioration de la qualité de l’emploi (liées à l’augmentation des emplois dans des secteurs présentant de bonnes conditions de travail), les défis structurels auxquels l’Europe fait face aujourd’hui – changement démographique, pénurie de main d’œuvre, évolution technologique – appellent à une adaptation des politiques de l’emploi. À cet égard, les récentes politiques nationales ciblant les revenus minimums, les formes d’emploi atypiques ou les aménagements personnalisés du temps de travail auraient montré des effets positifs. En outre, la Commission souligne également que les allocations familiales seraient déterminantes dans la réduction de la pauvreté au travail. Pour continuer d’améliorer la qualité de l’emploi en Europe, la Commission recommande donc de miser sur des politiques améliorant la productivité, des compétences et de la négociation collective.
(Plus d’informations : ici)
