Représentation européenne des institutions françaises de sécurité sociale

La Reif a été créée en mai 2003. Elle défend les valeurs et les intérêts de la sécurité sociale française auprès des instances européennes et assure l’information européenne de ses membres.

Lettre d’information

Dernières actualités

Arrêt CJUE : Égalité de traitement dans la perception d’une allocation invalidité
24.02.2026

Arrêt CJUE : Égalité de traitement dans la perception d’une allocation invalidité

Une personne (FF), résidant en Italie, a travaillé durant plusieurs années en Suisse, puis en Italie. Après ces périodes de travail, FF demande la perception d’une allocation invalidité au prorata des cotisations sociales acquittées en Italie, ainsi qu’un complément à cette allocation, destiné à garantir le bénéfice du minimum légal prévu par le droit national. Cette demande est rejetée par l’Institut National de Prévoyance Sociale (INPS) italien au motif que le droit italien soumet le bénéfice de ce complément à une durée de cotisation de 10 ans en Italie pour les assurés ayant cotisé dans d’autres États, alors que ceux ayant cotisé exclusivement en Italie doivent justifier de 5 ans (dont 3 au cours des 5 dernières années). Les juges italiens doutant de la conformité de ces règles au regard du droit européen, une demande de décision préjudicielle portant sur l’article 58 du règlement 883/2004 est déposée devant la Cour de justice de l’Union européenne. La Cour confirme que l’article 58 du règlement 883/2004 doit être interprété de manière à ce que le bénéficiaire d’une prestation d’invalidité reçoive un montant de prestations inférieur à celui de la prestation minimale fixée par l’État membre de résidence. Cet article, ainsi que les articles 4 (égalité de traitement) et 6 (principe de totalisation des périodes) du même règlement, s’oppose à ce que le versement d’un tel complément intervienne selon des modalités aboutissant à traiter de manière moins favorable les travailleurs ayant exercé leur liberté de circulation sur le territoire de l’Union que les travailleurs qui n’ont pas exercé cette liberté. La CJUE estime donc que la réglementation d’un État membre en vertu de laquelle le versement d’un complément destiné à garantir le bénéfice du montant minimal d’une allocation d’invalidité est subordonné, pour les assurés qui ont cotisé dans d’autres États membres, à une durée de cotisation de dix ans dans cet État membre, est contraire au droit européen. Seule la règle des 5 ans de cotisation (dont 3 au cours des 5 dernières années) est conforme. Pour en savoir plus : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:62024CJ0633...
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Travaux de l’OCDE sur la santé cardiovasculaire dans l’UE
24.02.2026

Travaux de l’OCDE sur la santé cardiovasculaire dans l’UE

Alors que la santé cardiovasculaire fait figure de priorité sanitaire de la Commission européenne (voir son Plan de décembre 2025), l’OCDE a mis en ligne, en février, un rapport et un tableau de bord permettant un état des lieux complet de la situation et des politiques mises en œuvre dans chacun des États membres. Le rapport permet de mettre en valeur un certain nombre de tendances communes. Ainsi, les maladies cardiovasculaires demeurent la principale cause de mortalité et constituent un poids majeur pour l’ensemble des systèmes de santé dans l’Union européenne, les maladies circulatoires étant presque partout la principale cause d’hospitalisation. Les populations les plus précaires sont les plus touchées quel que soit le pays. En outre, les femmes sont généralement moins bien diagnostiquées et prises en charge, et elles connaissent davantage d’effets indésirables que les hommes lors de la prise de traitements. Il offre cependant également un portrait contrasté selon les pays et régions. La situation en Europe centrale et orientale est ainsi caractérisée par une mortalité prématurée supérieure, une moindre disponibilité des traitements et une dépendance accrue aux soins informels. Seuls 8 États membres rapportent avoir intégré les maladies non transmissibles à leur plan de santé national, et 13, qui ne sont pas nécessairement les mêmes, disposent d’un plan national de contrôle des maladies cardiovasculaires (la France dispose des deux). Le taux d’équipement (tomodensitomètres, IRM…) et la répartition de celui-ci (hôpitaux/ambulatoire) varie également beaucoup (facteur 2,7). L’accès aux dispositifs médicaux connaît également des différences extrêmement notables ; par exemple, 28 personnes par million d’habitants en Roumanie, pour 453 en Allemagne sont porteuses d’un défibrillateur automatique implantable. Pour en savoir plus : https://www.oecd.org/en/publications/the-state-of-cardiovascular-health-in-the-european-union_ea7a15f4-en.html et https://www.oecd.org/en/data/dashboards/state-of-cardiovascular-health-in-the-eu.html...
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Les positions de la Reif

Contribution Reif sur ESSPASS
11.02.2026

Contribution Reif sur ESSPASS

La Représentation européenne des institutions françaises de sécurité sociale (Reif) se félicite du lancement dune initiative législative sur le passeport européen de sécurité sociale (ESSPASS) alors que plusieurs de ses membres ont été impliqués depuis des années dans les différents projets pilotes (DC4EU notamment) ayant mené à ce futur texte. Les organismes de sécurité sociale, chaînons essentiels dans la mise en œuvre du dispositif ESSPASS, devront être impliqués en premier lieu dans l'élaboration de cette initiative. Ce sont eux qui devront, sur le terrain, mettre en place les solutions techniques permettant de délivrer des documents conformes, vérifiables et authentiques sur les portefeuilles numériques développés dans chacun des États membres. À ce titre, la Reif souhaite pointer des éléments prioritaires qui nous paraissent devoir apparaitre dans l'initiative ESSPASS : le caractère obligatoire du règlement est nécessaire afin d'assurer l'objectif premier du règlement de faciliter la circulation des personnes partout dans l'UE ; la proposition d'un règlement ESSPASS nécessite la mise en place dune gouvernance spécifique, associant les organismes de sécurité sociale ; la Commission européenne doit proposer un déploiement étape par étape clair, avec un calendrier et des échéances précises pour la numérisation de chacun des documents portables ; La délivrance et la reconnaissance de documents papier ainsi qu'un accès physique doivent pouvoir continuer à être assurés, d'autant plus que le portefeuille européen d'identité numérique n'est pas obligatoire pour les citoyens et résidents ; la disponibilité et l'utilisation de la CEAM et du DP A1 numérisés, notamment en matière de capacité d'usage par les autorités nationales (lecture des documents, capacités et référencement des autorités de contrôle des documents, système de refacturation des soins à l'étranger, format des données) nécessitera une coordination des autorités nationales ; le développement qu'implique la mise en place des services de demandes, de délivrance et de vérification nécessitera des investissements conséquents par les organismes de sécurité sociale, qui devront être appuyés par des financements européens adéquats ; la sécurisation de la solution de vérification via QR code doit être centrale dans cet outil, sans quoi, la lutte contre les fraudes et le contrôle seront inopérants ; Compte tenus de ces éléments, la Reif se positionne donc en faveur de l'option 4 mettant en place une « solution interopérable de l'Union fondée sur le cadre européen relatif à une identité numérique et des documents de sécurité sociale améliorés », la seule à même d'assurer à la fois une numérisation des documents portables en s'appuyant sur le cadre numérique européen existant et une solution complémentaire inclusive assurée par des documents physiques pour couvrir toute la population mobile européenne. Cette option 4 ne pourra être mise en place qu'avec une gouvernance et un financement adéquat européen afin d'assurer une mise en œuvre obligatoire par tous les pays européens. Pour plus de détails, veuillez vous référer au document joint....
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Position Reif sur la Paquet mobilité juste
02.02.2026

Position Reif sur la Paquet mobilité juste

La Représentation européenne des institutions françaises de sécurité sociale (Reif) se félicite que la Commission prenne à bras le corps les questions de mobilité des personnes et des citoyens à travers ce futur Paquet sur la mobilité juste, qu’elle espère ambitieux. La Reif tient à rappeler en préambule que si les objectifs affichés de ce paquet sont plus que légitimes et qu’elle et ses membres prendront leur part dans le déploiement des différentes initiatives qu’il contient, l’obtention d’un accord sur la révision des règlements de coordination des systèmes de sécurité sociale avec ses 6 chapitres, idéalement sous la présidence chypriote, reste plus que jamais la priorité. Un cadre de coordination révisé offrirait le socle stable nécessaire au développement d’initiatives nouvelles sur la mobilité. La position de la Reif sur le renforcement du mandat de l’Autorité européenne du travail (AET) a déjà fait l’objet d’une contribution extensive et complète fin décembre 2025. La future initiative ESSPASS fera elle aussi l’objet d’une contribution complète de la Reif dans le cadre de la consultation technique ouverte à ce propos ainsi que du questionnaire. Nous y rappellerons, entre-autres choses, la nécessité de disposer d’une vision stratégique sur l’ambition générale de la Commission, mais aussi le besoin d’avoir un cadre de gouvernance permettant de réaliser la numérisation des documents portables et de la Carte européenne d’assurance maladie (CEAM), ainsi que des financements européens adéquats pour la mise en œuvre de la nouvelle législation par les administrations et organismes de sécurité sociale à travers l’Europe. La Reif se positionnera en faveur de l’option 4, la seule à même d’assurer à la fois une numérisation des documents portables en s’appuyant sur le cadre numérique européen existant tout en permettant une solution complémentaire inclusive assurée par des documents physiques pour couvrir toute la population mobile européenne. Concernant la fusion des procédures de détermination de la législation applicable (DLA) et des notifications préalables au détachement, la Reif tient à rappeler que les deux procédures, totalement distinctes à ce stade, relèvent de deux législations différentes, avec des procédures et des objectifs distincts. Surtout, si le principe d’unicité s’applique à la procédure de détermination de la législation applicable en vertu des règlements de coordination des systèmes de sécurité sociale, ce principe ne s’applique pas au droit du travail et à la notification préalable régis par la directive sur le détachement des travailleurs. Une remise à plat des systèmes serait très complexe et couteuse. Concernant la future Communication sur la modernisation et la simplification de la réglementation et des pratiques en matière de mobilité de la main-d’œuvre et de la coordination de la sécurité sociale, la Reif rappelle les points suivants : la simplification à marche forcée opérée depuis quelques mois par la Commission ne peut se faire au détriment de la bonne protection des travailleurs mobiles, de la collecte de données de qualité nécessaires à la définition et au pilotage des politiques publiques, à l’accès au juste droit, au contrôle et à la lutte contre la fraude et l’erreur ; l'encadrement du télétravail transfrontalier doit passer par l'intégration des principes de l’accord-cadre en matière de télétravail au sein d’une directive plus générale ; la réglementation de la sous-traitance transfrontalière doit aboutir à la limitation des chaines de sous-traitance qui doit s’appliquer aux situations transfrontalières ; la mise en place de prestation temporaire de services frontaliers facilitée pour des travailleurs hautement qualifiés dans des secteurs à faible risques parait problématique alors que les fraudes, prises en charge d'accidents et continuité des droits n'est pas toujours bien assurée. Pour plus de détails, veuillez vous référer à la position complète ci-dessous : - version française : https://www.reif-eu.org/wp-content/uploads/2026/02/Contribution-Reif-Paquet-mobilite-juste.pdf - English version : https://www.reif-eu.org/wp-content/uploads/2026/02/Reif-Position-Fair-mobility-package.pdf...
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