23.12.2025
Jeudi 11 décembre au matin, lors du dernier trilogue sous présidence danoise consacré au sujet, le Parlement européen et le Conseil sont finalement parvenus à un accord sur le paquet pharmaceutique. Encore provisoire dans la mesure où les négociateurs ont annoncé de futurs échanges sur les modalités de mise en application et où le Parlement européen et le Conseil doivent encore formellement adopter le texte avant sa publication au Journal officiel de l’UE, cet accord vient conclure plusieurs années de négociation. La proposition d’une nouvelle directive et d’un nouveau règlement remplaçant la directive 2001/83 sur les médicaments à usage humain, les règlements 1901/2006 et 141/2000 sur les médicaments pédiatriques et les médicaments orphelins, et le règlement 726/2004 relatif à l’Agence européenne du médicament, avait été présentée par la Commission européenne en avril 2023, avec comme ambition d’améliorer l’accès des patients aux médicaments, de rendre le secteur pharmaceutique plus équitable et compétitif, et de lutter contre les pénuries et la résistance aux antimicrobiens.
Le Parlement européen avait ensuite adopté sa position en avril 2024, suivi par le Conseil en juin 2025, déclenchant l’ouverture de négociations interinstitutionnelles (trilogue), afin de parvenir à une entente entre des positions institutionnelles divergentes, notamment sur la durée des périodes de protection réglementaire, les exemptions en matière de propriété intellectuelle ou encore la disponibilité des médicaments.
Finalement, l’accord, proche de la version du Conseil, prévoit de maintenir la durée de protection des données réglementaires à 8 ans, conformément à la législation actuelle. À cela s’ajoute un système de modulation de la protection du marché, allant de 1 à 3 ans selon différents critères, notamment la réponse à un besoin médical non satisfait (12 mois), la réalisation d’essais collaboratifs et l’obligation de déposer une demande d’autorisation de mise sur le marché (AMM) dans les 90 jours suivant le dépôt de la première demande hors de l’UE (12 mois).
L’accord maintient également le plafond de 11 ans pour la durée totale combinée de protection réglementaire. Ce plafond concernera également les médicaments orphelins, qui bénéficieront d’une période de 9 ans d’exclusivité commerciale, avec une extension possible de 2 ans pour les produits innovants répondant à des besoins médicaux élevés non satisfaits. Le système des bons d’exclusivité transférables (TEV), qui permet aux entreprises développant des antimicrobiens innovants de gagner une année supplémentaire de protection du marché, transférable au produit de leur choix, est adopté, mais ne peut être utilisé, reprenant ici directement la position du Conseil, pour des produits dont les ventes brutes annuelles dépassent 490 millions d’euros les quatre années précédentes. Concernant la disponibilité des médicaments et la lutte contre les pénuries, l’accord clarifie et renforce juridiquement le champ d’application de l’exemption Bolar ; maintient la disposition introduite par le Conseil (article 56 a) permettant aux États membres d’exiger des entreprises qu’elles fournissent en quantité suffisante les médicaments bénéficiant d’une protection réglementaire ; oblige les titulaires d’AMM à mettre en place des plans de prévention de pénuries et à notifier les risques de pénuries au moins 6 mois à l’avance.
L’accord impose enfin aux titulaires d’AMM de déclarer les sommes versées par les autorités publiques, les organismes financés par des fonds publics, philanthropiques ou à but non lucratif, ayant contribué au développement du médicament. Les financements indirects ne sont cependant pas concernés par cette obligation.
Pour en savoir plus : https://www.europarl.europa.eu/news/en/press-room/20251209IPR32111/background-note-pharmaceutical-package-provisional-agreement-elements...
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