REIF Info
25.03.2026

Un mois de mars mi-figue, mi-raisin

L’actualité sociale européenne s’est révélée particulièrement dense en mars, marquée dès le début du mois par le Forum social européen annuel organisé par la DG EMPL, qui réunissait des décideurs européens de haut niveau. De ces deux jours de conférence, nous retenons en particulier l’appel déterminé de la ministre espagnole Yolanda Díaz en faveur d’une Europe sociale plus forte, ainsi que l’accent mis par la vice-présidente exécutive et commissaire aux Droits sociaux, Roxana Mînzatu, sur une approche centrée sur l’humain dans la mise en œuvre du Socle européen des droits sociaux, dont le nouveau plan d’action est attendu au début de l’été. En matière de mobilité, le message du ministre chypriote Marinos Moushouttas était sans ambiguïté : la conclusion des négociations sur le règlement 883 constitue une priorité absolue de l’actuelle présidence du Conseil. De son côté, la Reif demeure pleinement engagée en faveur de l’aboutissement d’un accord dans les meilleurs délais.

La semaine suivante, la réunion du Conseil « Emploi et politique sociale » a permis d’aborder un large éventail de sujets, de l’accès au logement au capital humain, et ainsi d’aboutir à plusieurs résultats concrets, telles que l’approbation de conclusions sur l’investissement dans l’enfance et du rapport conjoint sur l’emploi, lequel met notamment en lumière l’ampleur du défi que représente la lutte contre la pauvreté en Europe. Le projet d’acte législatif sur les emplois de qualité, que la Commission présentera en fin d’année, était également à l’ordre du jour.

Cette initiative prend place dans un contexte où un Européen sur trois utilise l’intelligence artificielle (IA) dans le cadre de son activité professionnelle et 84% estiment qu’elle doit être strictement encadrée. Bien que le déploiement de l’IA puisse faciliter le travail des employés, elle comporte en effet des risques avérés d’intensification des tâches et d’augmentation du stress des travailleurs. Reste que ces problématiques devront s’articuler avec les priorités européennes actuelles, centrées sur la productivité et la simplification réglementaire.

Du côté de l’exécutif européen, deux stratégies sociales ont par ailleurs été publiées : la stratégie sur l’équité intergénérationnelle et la nouvelle stratégie pour l’égalité de genre (voir brèves), cette dernière accordant une place significative à la santé des femmes, un volet majeur de la contribution de la Reif. Un « paquet social » comprenant plusieurs initiatives, dont une stratégie de lutte contre la pauvreté et le renforcement de la Garantie enfance devrait également être publié début mai. Autant de priorités qui ont permis de nourrir les discussions des différents comités consacrées aux programmes de travail pour l’année à venir de notre Plateforme européenne de protection sociale (Esip), lors des réunions organisées ce mois-ci à Berlin.

À côté de cette dynamique en matière sociale, essentiellement non-législative, la simplification réglementaire s’inscrit toujours au rang des priorités majeures de l’UE, comme en attestent les propositions législatives d’un règlement instaurant un 28ᵉ régime pour les entreprises ainsi que l’adoption accélérée du règlement omnibus sur l’IA (cf. brèves). Unmois de mars mi-figue, mi-raisin en somme.

L’équipe Reif – Anne-Claire, Benjamin, Adèle LB et Adèle G